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Sédentarité : le mal silencieux

Sédentarité : le mal silencieux
Extrait de l'article: Une personne peut faire du sport et être pourtant sédentaire. Au travail, dans les transports, devant la télévision ou le téléphone, les longues heures passées assis ou allongé se multiplient. Au Togo comme ailleurs, l’évolution de ce mode de vie...

Une personne peut faire du sport et être pourtant sédentaire. Au travail, dans les transports, devant la télévision ou le téléphone, les longues heures passées assis ou allongé se multiplient. Au Togo comme ailleurs, l’évolution de ce mode de vie inquiète. Associée à une alimentation déséquilibrée et à d’autres facteurs de risque, la sédentarité contribue à créer un terrain favorable aux maladies cardiovasculaires dont le surpoids, l’hypertension, le diabète et. Face à ce phénomène, le message des spécialistes est simple : il faut se lever, marcher et bouger davantage, tout au long de la journée.

 La sédentarité s’installe souvent sans que l’on s’en rende compte. Une journée peut commencer par un trajet en voiture ou à moto, se poursuivre par plusieurs heures assis au bureau, avant de se terminer devant la télévision, l’ordinateur ou le téléphone portable.

Une personne peut ainsi rester immobile une grande partie de sa journée sans avoir le sentiment de « ne rien faire ». Pourtant, les longues périodes passées assise ou allongée, lorsque l’on est éveillé et que la dépense énergétique est très faible, correspondent bien à un comportement sédentaire.

Le phénomène concerne toutes les catégories de la population. Le fonctionnaire ou l’employé de bureau peut rester plusieurs heures devant son ordinateur. Le conducteur de taxi, de taxi-moto ou de véhicule professionnel passe également de longues périodes assis. La commerçante peut rester derrière son étal pendant une grande partie de la journée. Quant aux élèves et étudiants, ils alternent souvent cours assis, téléphone portable, ordinateur, télévision et jeux vidéo.

Sédentarité et inactivité physique : deux réalités différentes

Une confusion persiste dans le grand public : être sédentaire ne signifie pas nécessairement ne pratiquer aucune activité physique.

Une personne qui court ou marche 30 minutes chaque matin peut ensuite passer huit ou neuf heures assise devant un ordinateur, dans les transports et à la maison. Elle est physiquement active, mais son comportement peut néanmoins rester fortement sédentaire.

A l’inverse, une personne qui ne pratique pas de sport organisé peut marcher beaucoup dans sa journée et accumuler moins de temps en position assise.

« On définit désormais la sédentarité comme le fait de rester trop longtemps dans une position assise ou allongée, sans dormir », explique le Dr Damien Ekoué-Kouvahey, médecin du sport. Il recommande notamment d’éviter les périodes prolongées sans mouvement.

Il n’existe pas de seuil médical unique permettant de déclarer officiellement une personne « sédentaire ». Toutefois, huit à dix heures ou plus de temps sédentaire quotidien correspondent à un niveau élevé dans de nombreuses études. La durée des périodes ininterrompues passées assis est également importante.

 

Villes et nouvelles habitudes de vie

L’urbanisation transforme progressivement les habitudes quotidiennes en Afrique. Les déplacements motorisés, les emplois moins physiques et l’omniprésence des écrans réduisent les occasions de bouger.

Au Togo, l’enquête nationale STEPS 2021 révèle que 13,2 % des adultes âgés de 18 à 69 ans n’atteignaient pas le niveau d’activité physique recommandé par l’OMS. Le phénomène apparaît plus marqué dans les villes : 20,1 % des adultes urbains étaient concernés, contre 8,8 % en milieu rural. Le rapport classe cette population parmi celles exposées au risque de sédentarité. Ces chiffres illustrent une transformation du rapport au mouvement. Dans les villes, les transports motorisés, les emplois de bureau et les loisirs devant les écrans prennent une place croissante.

Le phénomène dépasse donc largement la seule population des travailleurs de bureau.

Une femme en train de regarder la télévision 

Immobilité et la mauvaise alimentation

La sédentarité associée à une alimentation déséquilibrée au surpoids, au tabagisme ou d’une consommation excessive d’alcool, augmente le risque de maladies chroniques. Le risque est plus grand lorsque l’immobilité s’accompagne d’une alimentation déséquilibrée.

L’immobilité réduit la dépense d’énergie

Rester longtemps assis réduit la dépense énergétique quotidienne. Lorsque cette faible dépense s’associe à une alimentation trop calorique, l’excédent d’énergie peut être stocké sous forme de graisse, favorisant ainsi le surpoids, l’obésité et la survenue des maladies cardiovasculaires dont l’hypertension et les perturbations de la régulation du glucose et de la sensibilité à l’insuline.

Les données de STEPS 2021 sont préoccupantes : 27,4 % des adultes de 18 à 69 ans étaient hypertendus, contre environ 19 % en 2010. L’hyperglycémie ou le diabète concernait 4,9 % de cette population, contre 2,6 % en 2010. Plus de 30 % de la population était par ailleurs en surpoids ou obèse, dont 11,7 % obèse.

Cœur, diabète, cancers : les conséquences

La sédentarité prolongée est associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires, notamment les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et l’infarctus ou crise cardiaque

Elle est également associée à un risque plus élevé de diabète de type 2, notamment à travers les perturbations métaboliques liées au manque de mouvement.

Certaines données scientifiques établissent aussi une association entre des niveaux élevés de comportement sédentaire et certains cancers, notamment le cancer du côlon, de l’endomètre et du poumon.

Effets sur la santé mentale

Le manque d’activité physique et la sédentarité peuvent également avoir des répercussions sur la santé mentale. A l’inverse, une activité physique régulière est associée à une diminution des symptômes de dépression et d’anxiété ainsi qu’à une amélioration du bien-être et du sommeil.

A long terme, l’immobilité peut aussi contribuer à l’affaiblissement musculaire, à la raideur articulaire, à une diminution de la condition physique et à une perte de mobilité, surtout chez les personnes âgées.

Se lever et bouger  

La solution ne consiste pas uniquement à pratiquer une activité sportive intense. Il faut également réduire le temps passé assis.

« Rester assis trop longtemps, ce n’est pas bon pour la santé. Au travail, si on le peut, penser à marcher un peu toutes les deux heures », recommande le Dr Damien Ekoué-Kouvahey.

Quelques habitudes simples peuvent être intégrées au quotidien dans les services ou à la maison : se lever régulièrement, marcher pendant les pauses, prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur lorsque cela est possible, effectuer quelques étirements ou encore se déplacer pour parler à un collègue au lieu de lui envoyer tout le temps un message.

Théophile, 33 ans, chef de projets dans un cabinet à Lomé, raconte avoir trouvé une manière simple de casser l’immobilité au bureau : placer sa poubelle à l’autre bout de la pièce afin d’être obligé de se lever, et se déplacer jusqu’au bureau d’un collègue lorsqu’il doit échanger avec lui plutôt que d’envoyer un mail ou de téléphoner.

Le mouvement comme réflexe quotidien

Chaque mouvement compte. D’après les spécialistes, même de courtes interruptions de la position assise peuvent être bénéfiques. L’objectif est donc de multiplier les occasions de mouvement au cours de la journée.

La lutte contre la sédentarité commence dans les gestes ordinaires : marcher davantage, interrompre une période assise, réduire le temps passé devant les écrans, prendre les escaliers, faire du vélo, jardiner, jouer avec les enfants ou simplement se lever régulièrement. Des gestes simples, mais qui, répétés jour après jour, peuvent contribuer à réduire les risques liés à un mode de vie trop sédentaire.

Mais l’activité physique doit aller de pair avec une alimentation équilibrée : davantage de fruits, légumes, légumineuses et aliments peu transformés, et moins de boissons sucrées, de produits ultra-transformés, de sel, de sucres et de graisses consommés en excès.

Gamé KOKO

Source : « Organisation Mondiale de la Santé »

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

Une personne peut faire du sport et être pourtant sédentaire. Au travail, dans les transports, devant la télévision ou le téléphone, les longues heures passées assis ou allongé se multiplient. Au Togo comme ailleurs, l’évolution de ce mode de vie...

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